Le poursuiveur de mousson

A lire avant ou pendant le voyage ! @Béatrice Roman-Amat

Certains poursuivent leurs rêves, d’autres poursuivent du vent, d’autres encore poursuivent… la pluie !

C’est le cas d’Alexander Frater, écrivain et journaliste britannique dont je viens de lire l’excellent  « A la poursuite de la mousson« , un livre sorti en 1990 mais qui avait jusqu’à présent échappé à ma sagacité.

Avec la mousson, c’est aussi un rêve d’enfant qu’Alexander Frater poursuit. Dans sa chambre d’enfant aux Nouvelles-Hébrides était suspendu un tableau qui représentait Cherrapunjee, petite ville du nord-est de l’Inde connue pour son taux de pluviosité record. Son père lui a aussi transmis un goût prononcé pour les phénomènes météorologiques. Parvenu à l’âge d’homme, « Alex » décide de se rendre en Inde pour suivre la mousson à travers le pays et la raconter dans un livre.

De ce point de départ qui a la simplicité des idées géniales, l’auteur tire un formidable récit de voyage. De Trivandrum, au Kerala, à Cherrapunjee, en passant par Cochin, Goa, Bombay, Calcutta et Delhi, ses aventures météorologiques se lisent à la vitesse de l’éclair.

Au Kerala, il décrit l’euphorie, si difficile à concevoir pour des Européens, avec laquelle les habitants accueillent la mousson. Aux confins du Bangladesh, il constate au contraire les ravages provoqués par les pluies, lorsque l’eau prend le pouvoir sur la terre.

Étonnamment, son combat le plus épique ne l’oppose pas aux bourrasques de vent ou aux nuages noirs de la mousson mais aux pièges kafkaïens de l’administration indienne, auprès de laquelle il cherche à obtenir un permis de séjour à Cherrapunjee. La région du Meghalaya, où se trouve la ville, est en effet à l’époque en proie à des émeutes indépendantistes et rares sont les étrangers à y être admis.

Frater n’est certes pas un « backpacker ». Il descend dans les plus grands hôtels et se déplace en voiture avec chauffeur. Mais il possède ce don précieux de susciter la sympathie et retranscrit à merveille cette multitude de mini-conversations, parfois hautement métaphysiques, que l’on peut avoir lors d’un voyage en Inde avec des gens croisés au hasard de la route.

Le livre est malheureusement un peu difficile à trouver. J’ai dû l’attendre quelques jours après l’avoir commandé chez un libraire. Mais comme pour les premières pluies de mousson, ça valait la peine d’attendre !

Dans quelques mois, mes pas devraient me conduire à Cherrapunjee, hors période de mousson. C’est en effet dans cette région qu’habitent les Khasi, un des groupes ethniques que j’ai choisis pour mon projet. Après avoir dévoré les aventures du poursuiveur de mousson, je n’ai que plus hâte de découvrir le « domaine des nuages » (signification littérale du nom « Meghalaya »).

A la poursuite de la mousson, d’Alexander Frater, éditions Hoëbeke, 400 pages, 22 euros.

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