Quatre ONG formidables

Un pont de la belle petite ville d'Orchha (Madhya Pradesh) pour illustrer le rôle que ces ONG vont jouer pour moi !

Un pont de la belle petite ville d’Orchha (Madhya Pradesh) pour illustrer le rôle que ces ONG vont jouer pour moi !

A quatre mois du départ, les contours de mon séjour en Inde se précisent de plus en plus. Je vais essayer de passer le maximum de temps avec des familles appartenant à chacun des quatre groupes de population choisis pour mon projet (les Rabari, les Santhals, les Khasi, les Irula), afin de découvrir leur mode de vie. Dans la mesure du possible, je voudrais aussi que chacun d’entre eux me fasse partager des éléments de ses légendes et récits traditionnels, dont je m’inspirerai pour écrire mon propre conte au retour.

Dans cette entreprise, mes meilleurs atouts seront les contacts pris avec des ONG qui travaillent depuis des années, sur le terrain, avec ces populations, pour favoriser la reconnaissance de leur culture, la préservation de leur environnement et leur accès à l’éducation et à la santé. Mon voyage sera donc jalonné de belles rencontres avec des gens engagés et passionnés, ce qui me rends encore plus impatiente de poser le pied au Gujarat, au Rajasthan, au Bengale occidental, au Meghalaya et au Tamil Nadu !

Trois des groupes ethniques que je vais rencontrer sont des adivasi, c’est-à-dire des « populations tribales » indiennes, qui se distinguent (plus ou moins selon les cas) du « main stream » de la société indienne par leurs coutumes, leurs croyances et leurs langues. Classés tout en bas de la hiérarchie sociale (ils sont en dehors du système des castes, comme les Intouchables), les adivasi souffrent de multiples discriminations.

Le 4e groupe ethnique choisi, celui des Rabari, ne rentre pas dans la catégorie administrative des « tribus répertoriées » (ils forment une caste) mais ces éleveurs de dromadaires et de moutons se trouvent néanmoins eux aussi de plus en plus à  la marge de la société indienne majoritaire, sédentaire. Leur nom signifierait d’ailleurs « en dehors du chemin » (« raha » et « bari »),  car ils vivent à l’extérieur des villages. Leur mode de vie est mis en danger par la dégradation de l’environnement dans les États très arides où ils évoluent (le Rajasthan et le Gujarat, au nord-ouest de l’Inde) et la difficulté grandissante à trouver des terres pour faire paître leurs bêtes, qui les contraint de plus en plus au nomadisme.

La première des structures que je vais découvrir lors de mon séjour s’appelle Kala Raksha. Dédiée à la valorisation de l’artisanat des populations de la région désertique du Kutch, au Gujarat, elle travaille avec plus de 1.000 artisans de sept groupes ethniques différents, parmi lesquels les Rabari. Ces derniers sont connus pour l’incroyable finesse de leurs tissus brodés, incrustés de miroirs. Les broderies sont généralement réalisées par les femmes rabari. Kala Raksha pratique le commerce équitable et encourage les femmes à garder leur art vivant en créant sans cesse de nouveaux motifs. La structure organise aussi un système de micro-crédit et des ateliers de sensibilisation sur la santé et l’éducation.

Après ce séjour dans la région de Bhuj, je prendrai la direction de l’Etat voisin du Rajasthan, et plus précisément de Ranakpur, à mi-chemin entre les deux villes bien connues des touristes d’Udaipur et Jodhpur. C’est là qu’officie l’ONG LPPS, dont le nom signifie « welfare orgazination of livestock keepers« , comme on dit en bon français ! Cette ONG travaille avec les Raika (les « cousins » des Rabari dans l’Etat voisin, pour faire simple) depuis près de 20 ans. En conjuguant science moderne et savoirs ancestraux, elle aide ce peuple de pasteurs à pratiquer un élevage « durable » et sert de pont entre eux, le gouvernement et les autres personnes utilisant les ressources naturelles du Rajasthan, notamment pour défendre leur droit d’accès aux pâturages. Plus d’informations dans  la vidéo ci-dessous.

Je traverserai ensuite le pays d’ouest en est pour me rendre chez les Santhals du Bengale occidental, dans un village situé à environ 150 km de Calcutta. J’y serai accueillie par Boro Baski, un travailleur social qui utilise les récits traditionnels de cette ethnie connue pour la richesse de sa mythologie et de ses traditions orales comme vecteur de l’éducation. Lui-même Santhal, il a été la première personne de son village à partir faire des études supérieures, avant de revenir pour fonder une école. Les enfants y reçoivent d’abord une éducation dans leur langue maternelle, le santali, à laquelle vient progressivement se greffer la langue majoritaire de l’Etat dans lequel ils vivent, le bengali. Cette méthode permet de lutter contre les taux très élevés d’abandon prématuré de l’école chez les enfants santhal, liés au fait que les écoles « normales » leur font apprendre par cœur des textes qu’ils ne comprennent pas mais aussi à la déconnexion entre leur culture et l’enseignement  prodigué.

Enfin, je finirai mon tour d’Inde sélectif auprès de la Irula Tribe Women’s Welfare Society, au Tamil Nadu, dans les campagnes non loin de Madras. Cette ONG cherche à valoriser la bonne connaissance des plantes des femmes Irula en en faisant une source de revenu pour elles et leur familles. Elle travaille également à leur faire prendre consciences de leurs droits, à travers l’accès à l’éducation et au micro-crédit. Souvent définis comme des « mangeurs de rats« , les Irula font partie des groupes d’adivasi les plus déshérités du pays. Ils ont longtemps tiré une partie importante de leurs revenus de la vente de la peau des serpents qu’il capturaient mais à partir des années 1970, les lois de protection de l’environnement sont venues entraver cette activité.

Je n’ai pas évoqué mon passage chez les Khasi du Meghalaya, car pour cette région blottie entre le Bangladesh et le Bhoutan, je n’ai pas trouvé d’ONG pour me servir de relai. Je m’y contenterai de loger dans des familles khasi, grâce à l’intercession d’une agence de voyage « responsable » qui propose des nuits chez l’habitant (en espérant que ces initiatives soient vraiment respectueuses de leur mode de vie) et, si j’arrive à faire coïncider les dates, d’assister au Nongkrem dance festival, une grande fête annuelle qui fait converger un grand nombre de Khasi dans la petite ville de Smit. Pour avoir une idée de ce à quoi peut ressembler cette fête, jetez donc un coup d’œil à la vidéo ci-dessous !

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3 réflexions sur “Quatre ONG formidables

  1. Pingback: Sur les chemins avec les Raika | Sur les pas de Prakash

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