Mes 12 endroits préférés en Inde

Après quelques articles évoquant des sujets assez lourds, l’envie me prend de partager quelque chose d’un peu plus léger, en ce début d’été. Voilà donc une petite liste de mes endroits « coups de cœur » en Inde, découverts au long de voyages effectués ces 10 dernières années. La liste est loin d’être exhaustive mais permet déjà de faire quasiment le tour du pays.

  • Amritsar (Penjab)

Nichée tout au nord du pays, près de la frontière avec le Pakistan, la ville sainte des Sikhs est un endroit captivant. Au-delà de la beauté du Temple d’Or se reflétant dans un grand bassin où les fidèles viennent se plonger, j’ai été frappée par l’atmosphère recueillie qui règne dans le temple. Certains Sikhs lisent le livre saint, assis à l’ombre, d’autres chantent. Une grande cantine ouverte à tous sert aussi des centaines de repas chaque jour, gratuitement. Il suffit de s’y présenter, que l’on soit sikhs ou non, pour recevoir une généreuse ration de dhal (lentilles).

Pour en savoir plus sur les Sikhs, c’est ici.

Le Temple d'Or, Mecque des Sikhs

Le Temple d’Or, Mecque des Sikhs

Un séjour à Amritsar permet aussi de se rendre à Wagah Border, un poste frontière entre l’Inde et le Pakistan devenu une attraction touristique. Tous les jours, pour la fermeture du point de passage, des cars entiers charrient des touristes indiens qui viennent, souvent en famille, agiter des drapeaux indiens sous le nez des Pakistanais. Une démonstration de patriotisme assez impressionnante, voire effrayante, pour la visiteuse française que j’étais, vivant dans une région du monde où l’idée de frontière s’est beaucoup estompée.

Des gradins ont été installés de chaque côté du poste frontière, ils sont très bien garnis côté indien, beaucoup moins côté pakistanais. Lors de ma venue, un homme chauffait le public, lui faisant crier à pleins poumons « Hindustan Zindabad ! » (« Longue vie à l’Inde »), à quoi répondaient de plus faibles « Pakistan Zindabad !« . Soldats indiens et pakistanais en grande tenue se font face, se regardant en chiens de faïence. A voir absolument pour comprendre un peu mieux les relations entre Indiens et Pakistanais, qui vivaient encore il n’y a pas si longtemps dans la même région du Penjab.

Voilà la vidéo que j’avais tournée lors de ma visite, en 2008 (pardon pour la piètre qualité et les sautes de son !) et quelques photos du public.

Un jeune Indien venu assister à la fermeture de la frontière

Un jeune Indien venu assister à la fermeture de la frontière

Wagah Border, soldat indien

Wagah Border, un soldat indien en grande tenue

Wagah Border, gradins

Wagah Border, gradins bien garnis côté indien

  • Palitana (Gujarat)

Un site qui se mérite ! Il faut en effet gravir environ 3.500 marches pour accéder au sommet de la colline, où l’on découvre un incroyable ensemble de temples jaïns, de toutes les tailles. La vue sur le paysage environnant est aussi époustouflante.

Certains pèlerins effectuent la montée en chaise à porteurs, comme je l’avais montré ici.

Les temples les plus anciens ont 900 ans

Les temples les plus anciens ont 900 ans

Des temples jaïns à ne plus savoir qu'en faire !

Des temples jaïns à ne plus savoir qu’en faire !

Une si longue montée...

Une si longue montée…

  • Pondichéry

Je garde une tendresse particulière pour ce petite confetti de France perdu au milieu de l’État du Tamil Nadu. J’y ai vécu pendant un an, en 2004-2005, pour effectuer un stage dans l’ONG indienne Sharana, dans le cadre de mes études. Sharana parraine des enfants des bidonvilles et villages de pêcheurs situés autour de Pondichéry pour leur permettre d’aller à l’école.

Pondy, comme l’appellent ses habitants, se divise entre « ville blanche » et « ville noire« . La ville blanche est l’ancien quartier colonial, caractérisé par ses rues rectilignes et ses belles villas endormies au milieu de grands jardins. Des gardes sommeillent devant les portails, des fleurs de bougainvilliers s’échappent par-dessus les hauts murs blancs.

Dans ce quartier, certaines rues portent un double nom : l’ancien nom français (Debussy, Alexandre Dumas…) et le nouveau nom attribué depuis le rattachement du comptoir à l’Inde. Au bout du front de mer, une statue de Dupleix  évoque la figure de cet homme du XVIIIe siècle qui eut, presque seul, le rêve d’Indes françaises. Le soir, tout Pondichéry défile langoureusement sur le front de mer pour profiter de la fraicheur du soir. En son centre, là où se trouvait autrefois la statue de Dupleix, trône désormais un beau Gandhi en marche. La ville noire, quant à elle, est une ville tamoule « classique », bruyante et colorée.

Une rue de la ville blanche

Une rue de la ville blanche

l'Alliance française de Pondy est installée dans une belle demeure de la ville blanche

L’Alliance française de Pondy est installée dans une belle demeure de la ville blanche

  • Rameshwaram

Je suis allée deux fois à Rameshwaram. La première m’avait laissé le souvenir d’un havre de paix, une sorte de bout du monde paisible. La seconde était bien différente : un pèlerinage shivaïte était en cours, la ville débordait de pèlerins, de sadhus (ascètes hindous), de mendiants… Et surtout, c’était la saison des mouches. Il y a avait des mouches partout, jusque sur le drap de mon lit, littéralement noir de mouches, jusque dans mon assiette… Le cauchemar !

Néanmoins, avec le recul, Rameshwaram reste un des endroits qui m’a le plus marquée. C’est un lieu saint pour les Hindous, le petit Bénarès d’Inde du Sud. On vient y prier Shiva et faire ses ablutions dans la mer. Installé sur un petit bout de terre qui avance vers le Sri Lanka, relié au continent par un pont ferroviaire, Rameswaram joue un rôle important dans l’épopée du Ramayana : c’est là que Rama aurait rendu grâce à Shiva après avoir sauvé Sita des griffes du démon Ravana.

Le temple qui occupe le centre du village est connu pour abriter le plus long couloir de tous les temples hindous d’Inde et 22 puits sacrés. Je garde un souvenir… rafraichissant de ma visite du temple, au cours de laquelle j’ai été arrosée  22 fois à grands coups de seaux d’eau, à chaque arrêt près d’un puits. Les Hindous prêtent à chacun des vertus propres (santé de telle ou telle partie du corps, prospérité…).

En avançant vers le bout de l’île, on ne trouve plus que du sable, des cahutes de pêcheurs et l’horizon bleu.

Le temple Sri Ramanathaswamy

Le temple Sri Ramanathaswamy

On vient de loin pour se baigner sur la plage de Rameshwaram

On vient de loin pour se baigner sur la plage de Rameshwaram

 

En avançant vers le Sri Lanka...

En avançant vers le Sri Lanka…

Des mouches partout ! Et elles pénètrent dans ma chambre d'hôtel !

Des mouches partout ! Et elles pénètrent dans ma chambre d’hôtel !

  • La région du Chettinad (Tamil Nadu)

Restons au Tamil Nadu, pour découvrir cette région du Chettinad, située entre Madurai, Trichy et Thanjavur. C’est le territoire de Chettiars, une caste de marchands et de banquiers ayant fait fortune sous le Raj britannique, notamment en installant des comptoirs en Birmanie et en Malaisie.

Aujourd’hui, la jeune génération a quitté la région pour s’installer dans les grandes villes indiennes ou à l’étranger, mais cette période faste a laissé derrière elle de grandes demeures regorgeant de cours, de piliers en bois de teck et de marbre. Aujourd’hui silencieuses, ces immenses maisons situées dans de tous petits villages parlent avec nostalgie d’une époque révolue. Certaines commencent à être transformées en hôtel et permettent de goûter la délicieuse cuisine du Chettinad, aussi épicée que raffinée.

Belle demeure du Chettinadu

Belle demeure du Chettinad

Des rues calmes bordées de maisons gigantesques, témoignages d'un passé prospère

Des rues calmes bordées de maisons gigantesques, témoignages d’un passé prospère

Autre belle demeure typique

  • Cochin (Kerala)

Cochin, ou Kochi, attire de nombreux touristes et n’a nul besoin que je lui fasse de la publicité, mais c’est indéniablement un endroit que j’adore. J’aime son côté « creuset de cultures et de peuples« . S’y côtoient en effet les influences hindoues, musulmanes, juives, chrétiennes, hollandaises, portugaises… Il semble que le monde entier, ou presque, ait fréquenté cette ville côtière, pour le commerce des épices ou au hasard d’un voyage.

Une journée à Fort Cochin, le quartier le plus intéressant de la ville, permet de passer de la visite d’une émouvante vieille synagogue (aujourd’hui presque désertée par une communauté juive largement partie en Israël) à celle de l’église où fut enterré Vasco de Gama puis à un palais hollandais.

Le Kerala, haut lieu du commerce des épices

Le Kerala, haut lieu du commerce des épices

Petites maisons de Fort Cochin

Petites maisons de Fort Cochin

Une ville d'îles et de ccanaux

Une ville d’îles et de canaux

  • Calcutta (Bengale occidental)

Tout le contraire de Cochin, à l’atmosphère détendue, propice à la balade le nez au vent, et pourtant, une ville magnifique. Dense, vibrante, passionnante. Je lui ai consacré un article avec photos il y a quelque temps. La capitale du Bengale occidentale a été pendant des années la capitale des Indes britanniques et garde de cette période une grandeur un peu décatie. Elle est en tout cas toujours aujourd’hui la capitale intellectuelle de l’Inde, la ville des poètes, des écrivains et des cinéastes « intellos », et c’est en bonne partie cela qui me séduit chez elle. Les Bengalis sont aussi connus pour leur sens de l’humour, une qualité particulièrement appréciable dans une ville aussi fatigante !

Calcutta : la Hoogly à la tombée du jour

Calcutta : la Hoogly à la tombée du jour

  • Bundi

Je n’ai pas de photos numériques de cet endroit merveilleux, mais une collègue blogueuse de voyage lui a consacré un beau post, très bien illustré. C’est un des trésors du Rajasthan qui restent encore un peu préservés du tourisme de masse. Dès l’arrivée, on comprend immédiatement pourquoi cet endroit a inspiré Kipling, qui y a en partie écrit Kim (à lire si ce n’est déjà fait !). Un palais tarabiscoté s’élève au dessus d’un lac et appartient en bonne partie aux singes et aux chauves-souris qui y ont élu domicile. Le bleu des maisons des brahmanes dialogue avec le vert du paysage et de l’eau du lac. Un lieu inspirant !

  • Mysore et le temple de Somnathpur (Karnataka)

Comme je suis une grande nostalgique devant l’éternel, je reste attachée au sud du Karnataka, la région de l’Inde qui a accueilli mon premier séjour dans le pays, pendant l’été 2003. La ville de Mysore, à taille humaine et plutôt agréable, constitue une bonne base pour découvrir la région. Elle abrite un grand marché où il fait bon flâner et un palais de Maharaja.

Mais surtout, à une quarantaine de kilomètres de Mysore se trouve le temple de Somnathpur. Un temple du XIIIe siècle autour duquel court une frise à six bandes : la première représente des oies, la secondes des monstres, les suivantes des scènes de la vie quotidienne, des fleurs, des cavaliers et des éléphants. J’aurais pu passer des heures à contempler ses sculptures si délicates.

Marché aux fleurs de Mysore

Marché aux fleurs de Mysore

Dans les allées du marché aux fleurs

Dans les allées du marché aux fleurs

Temple de Somnathpur

Le temple de Somnathpur

Les frises délicates du temple de Somnathpur

Les frises délicates du temple de Somnathpur

  • Orchha (Madhya Pradesh)

L’énooooorme coup de cœur de mon dernier voyage en Inde. Cette ancienne capitale royale (rajput) est redevenue une petite bourgade tranquille, comme je les aime. Pas de klaxons, peu de circulation, mais des coupoles et des tours de palais qui pointent leur nez dans toutes les directions. Les palais et les temples manquent parfois sérieusement d’entretien mais révèlent souvent de belles peintures murales. L’endroit mérite mieux que son statut, pour de nombreux touristes, de simple étape sur la route de Khajuraho.

Un sympathique programme de séjour chez l’habitant permet de découvrir le quotidien de familles d’Orchha tout en améliorant leur ordinaire. Celle qui m’a hébergée m’a réservé un excellent accueil. Le lever de soleil depuis la cour de la maison (photo) était splendide.

Orchha et son festival de coupoles

Orchha et son festival de coupoles

Vie quotidien et passé royal entremêlés

Vie quotidienne et passé royal entremêlés

Lever de soleil depuis la cour de ma "famille d'accueil"

Lever de soleil depuis la cour de ma « famille d’accueil »

  • Hampi

Hampi partage avec Orchha ce statut d’ancienne capitale tombée dans l’oubli mais qui porte encore les traces de son passé glorieux. Située en plein cœur de l’Inde, aujourd’hui au milieu de nulle part (comptez 8-9 heures de bus depuis Bangalore !), Hampi était la capitale de l’empire de Vijayanagar, avant que celui-ci ne tombe dans les mains des sultans du Deccan au milieu du XVIe siècle.

Le site s’explore à vélo, meilleur moyen de découvrir les palais, bassins, temples, étables d’éléphants, qui sont répartis sur une très vaste étendue, ce qui donne une idée de la richesse de cet empire. Les vestiges apparaissent au détour des chemins, parfois juchés sur des collines, au milieu d’un paysage rocheux spectaculaire. Une rivière serpente sur le site ; on peut la traverser dans de petits bateaux en forme de coquilles de noix.

Contrairement à Orchha, Hampi n’est même pas une ville. Seul un village est installé près des ruines. Je les ai visitées pendant la saison la plus chaude (mai) et ai apprécié d’être presque seule sur le site. J’ai depuis entendu plusieurs personnes dire qu’ils avaient trouvé l’endroit très beau mais un peu trop envahi par les touristes.

De belles photos sur le site Marionrocks.

  • Le Ladakh

Cette région himalayenne offre des paysages si minéraux, si dépouillés, que la moindre bribe de végétation – un arbre fruitier en fleurs, quelques herbes – apparaît comme un miracle. Ici, tout évoque le Tibet : les visages des habitants, leur langue (le ladakhi, proche du tibétain), l’omniprésence des monastère et des gompa bouddhistes, les momos (raviolis) fumants servies dans les restaurants…

L’oxygène rare et le soleil qui tape dur donnent l’impression de marcher dans un rêve. Au détour d’un chemin, on croise le fleuve Indus qui serpente entre les pans de montagne nus, mais aussi des yaks guidés par de vieilles paysannes. Saupoudrez le tout de la gentillesse des Ladakhi et vous obtiendrez un séjour inoubliable !

Un monastère près de Leh

Un monastère près de Leh

A ces altitudes, la végétation est rare

A ces altitudes, la végétation est rare

Le palais de Leh, un vrai "mini-Potala"

On croise fréquemment des yaks dans les rues de Leh

On croise fréquemment des yaks dans les rues de Leh (capitale du Ladakh)

 

… Et voilà qui fait 12 ! Je n’ai parlé ni de la région des Ghats occidentaux (les montagnes qui occupent le centre de l’Inde du Sud), ni de l’Etat de l’Himachal Pradesh, ni de la beauté époustouflante des dentelles de pierre ocre de Jaisalmer, dans le désert du Thar, ni des mosquées grandioses de Lucknow, ni des collines couvertes des labyrinthes des plantations de thé de Darjeeling. La liste mérite donc d’être complétée !

Et vous, quels sont vos endroits préférés en Inde ? Dites-le moi dans les commentaires !

 

 

 

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13 réflexions sur “Mes 12 endroits préférés en Inde

    • nous avons donc pas mal de coups de cœur en commun ! Moi aussi j’ai aimé Varanasi, la lumière changeante sur les ghats tout au long de la journée, la vie du fleuve… Un prochain voyage en préparation ?

  1. Très bel article. Mon endroit préféré en Inde est incontestablement Le Ladakh. C’est un peuple appart au milieu de paysages époustoufflants. Fort Cochin également m’a beaucoup plu pour sa douceur de vie. J’ai beaucoup aimé aussi Rishikesh, ville sainte au bord d’une des sources du gange.

  2. Coucou Béatrice ! Très bel article où tu distilles avec talent tant de beautés indiennes ! Je n’ai pas fait beaucoup de tourisme en Inde, mais je garde de très bons souvenirs de Munnar et de Rishikesh : apaisement et bouffées d’oxygène dans ce pays-brouhaha !

  3. ahhhhh ça me fait rêver et me conforte dans mon envie de retourner en Inde, voir autre chose que Delhi. Le choc y avait bien été au rendez vous, mais pas la magie qui semble se dégager des photos que tu nous offre ici…

  4. Moi non plus je ne retrouve aucune photo de notre passage à Bundi. Il me semblait pourtant bien que l’attaque de singes avait été provoquée par notre flash d’appareil photo.
    :

  5. oui, vous en aviez prises, je les ai en version papier, donc vous devez les avoir quelque part en numérique. C’était tellement beau, le lac et les maisons bleues au pied du fort…

  6. Après un certain nombre de voyage au compteur, j’ai visité certains de ces sites avec un grand plaisir, mais j’ai aussi eu quelques autres coups de cœurs. Au Rajasthan, mon endroit préféré a été Chittorgarh. J’ai été très ému par le village fortifié de Mandu (Madhya Pradesh), qui abrite le plus ancien mausolée en marbre blanc d’Inde (deux siècles avant le Taj Mahal !). Très récemment, j’ai aimé la ville recouverte de mousse de Junagadh au Gujarat, qui est aussi un site de pélerinage hindou et jaïn (plus haut que Palitana que je n’ai pas eu le temps de visiter cette fois-ci). En amont de Rishikesh, je garde un excellent souvenir de Devprayag (Uttarakhand), le lieu où deux rivières se rejoignent pour former la Ganga.

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