Surf sur canapé à Bhubaneshwar

Ces jours-ci, je découvre une tribu indienne bien différente de celle des Bonda ou des Kondh : celle des couchsurfers !

Je suis en effet hébergée à Bhubaneshwar, la capitale de l’Orissa, par une jeune Indienne de 20 ans et ses parents, que j’ai trouvés sur le site Couchsurfing.org et qui ont gentiment accepté de me loger pour quelques nuits. Ce site, qui repose sur le principe de la gratuité et de la réciprocité (mais on héberge généralement des gens différents de ceux chez qui on est hébergé), permet aux voyageurs de se sentir plus que de simples touristes de passage dans une ville, puisqu’ils partagent un peu de la vie de ses habitants.

La famille qui m’héberge me fait faire un bond gigantesque entre l’Inde des campagnes les plus reculées et celle de l’élite cosmopolite des grandes villes. Mes hôtes sont originaires du Kerala mais ont vécu de nombreuses années à Dubaï et ont pour principale langue l’anglais. Comble de l’ouverture d’esprit, la jeune fille a même un petit ami français !

Mes sacs poussiéreux posés dans leur confortable appartement climatisé, j’étais libre d’aller visiter en toute légèreté une petite partie des quelque 700 temples que compte la ville. Très verte, elle me semble plus agréable et moins polluée que la plupart des capitales régionales indiennes. Dommage que le climat y soit aussi humide, l’air aussi poisseux…

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Ma deuxième journée a Bhubaneshar a été nettement moins orientée « tourisme » que la première. Les parents de ma « famille d’accueil » m’ont emmenée à l’école où ils enseignent tous les deux. Nous y sommes arrivés au moment de l’ « assembly », ce grand rassemblement de tous les élèves pour chanter l’hymne national, qui a lieu chaque matin dans toutes les écoles du pays. Poussée en avant, je me suis retrouvée à faire un petit discours devant les centaines d’élèves présents pour leur dire ce que je faisais en Inde et les encourager à lire autant de livres que possible !

Deux professeurs de français m’ont invitée dans leur classe, pour que je puisse aider leurs élèves à pratiquer la langue de Molière. De petits Indiens très bien élevés m’ont posé quelques questions sur ma famille, mes desserts indiens préférés et les sports que je pratique. Une expérience sympathique !

Nous sommes ensuite allés visiter l’institution voisine, intitulée KISS (Kalinga Institute of Social Sciences) un internat qui accueille le nombre hallucinant de 22 000 enfants tribaux de l’Orissa et d’autres Etats indiens. L’institut ressemble à une ville dans la ville, avec sa gigantesque cuisine, son usine d’eau potable, ses salles de classes, ses cohortes d’enfants en uniformes… Les enfants reçoivent une éducation 100% gratuite, d’abord dans leur langue locale puis entièrement en anglais. Les plus doués d’entre eux pourront accéder aux études supérieures, en bénéficiant des 5% de places réservées aux « tribus » par la constitution indienne, en vertu d’une politique de discrimination positive.

Les différents responsables que j’ai rencontrés m’ont vanté les bons résultats des élèves, aussi bien dans les disciplines académiques qu’en rugby ou en tir à l’arc. L’école est fière de participer à la réalisation des « objectifs de développement pour le millénaire ».

Actuellement, tous les enfants étudient à Bhubaneshwar, loin de leur village, où ils ne rentrent qu’à la fin de l’année scolaire. Bien que je n’ai pas eu l’occasion d’évoquer cette question avec les enfants, j’imagine que ce changement total de mode de vie et cette séparation avec leur famille doit être difficile à vivre. Mais KISS est en train de créer des branches dans chacun des districts de l’Orissa où habitent des populations tribales, de façon à ce que les enfants de 5 à 10 ans puissent étudier plus près de leur famille. Probablement un grand progrès.

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2 réflexions sur “Surf sur canapé à Bhubaneshwar

  1. j’espère que le sympathique groupe de death métal kiss est venu inaugurer l’école qui porte son nom! Leurs peintures de visage (à ce niveau là ce n’est plus du maquillage) auraient fait fureur auprès des écoliers!

  2. Merci Alex, grâce à toi je viens de découvrir l’existence du groupe Kiss. Ca aurait été dommage de mourir idiote ! @Béa : L’architecture ressemble beaucoup à celle du Rhadjastan, non, malgré les kilomètres qui les séparent ? les photos m’ont rappelé Jaïpur et Udaïpur.

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