Demande à mon oncle !

Des femmes de Mawlynnong travaillent dans les plantations de fruits

Des femmes de Mawlynnong travaillent dans les plantations de fruits

Mon séjour chez les Khasi du Meghalaya me rappelle un autre voyage, à Sumatra celui-là, qui remonte à 2010. En effet, sur l’île indonésienne, j’avais séjourné chez les Minangkabaus, une société de clans à l’organisation matrilinéaire, comme les Khasi. Les deux ethnies ont de nombreux points communs, bien que les Minangkabaus soient musulmans, les Khasi chrétiens (pour environ 80% d’entre eux, les autres suivant la religion tribale traditionnelle des Khasi).

Chez les Khasi, un enfant appartient au clan de sa mère. Le nom et les biens se transmettent par les femmes. La fille la plus jeune de la famille hérite de la part la plus importante des biens du clan. Elle est considérée comme la gardienne des valeurs familiales et devra s’occuper de ses parents âgés.

Organisation matrilinéaire ne veut pas dire pour autant que ce sont les femmes qui prennent toutes les décisions. Chez les Khasi comme chez les Minangkabaus, l’oncle maternel joue un rôle prépondérant dans la famille. C’est lui le chef de clan, celui qu’on doit consulter avant de se marier, par exemple. Un homme qui se marie continue à devoir en priorité assistance à ses sœurs et à ses nièces, plus qu’à sa femme et ses enfants.

Les femmes khasi sont très actives et gagnent souvent une part significative de l’argent du foyer. De nombreux commerces khasi sont tenus par des femmes.

« Beaucoup d’Indiens pensent que nous sommes fous de respecter autant les femmes ! » m’a dit en riant un homme du village de Mawlynnong.

Pourtant, beaucoup de facteurs poussent la société khasi à abandonner son organisation traditionnelle. Dans certains cas, la cohésion du clan est remise en cause par le fait que des membres quittent le village pour s’installer en ville. En s’éloignant de leur village, ils s’éloignent aussi de l’autorité de l’oncle maternel. Le père prend alors un rôle plus important au sein de la famille.

Le christianisme, qui est arrivé au Meghalaya avec des missionnaires anglais et gallois il y a 150 ans, valorise aussi le modèle patriarcal plutôt que l’organisation matrilinéaire. Ajouter à cela une bonne louche de télévision, de médias de masse et d’influence de la culture occidentale, et la culture khasi parait alors en sursis.

Une femme khasi occupée à couper du bois pour faire la cuisine

Une femme khasi occupée à couper du bois pour faire la cuisine

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2 réflexions sur “Demande à mon oncle !

  1. Bonne question ! (je n’ai pas ce genre de problème !). Je pense que le cas de figure ne se présente pas souvent, car les familles sont très nombreuses. S’il n’y a pas d’oncle maternel, j’imagine qu’un autre homme du clan de la mère (un grand-oncle, un cousin…) doit jouer son rôle.

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