Prakash en papier !

Plus d’un an après la fin de mon dernier voyage en Inde et la rédaction du conte « Les quatre trésors de Prakash », inspiré par les traditions orales des communautés rurales dans lesquelles j’ai séjourné, il était temps de faire sortir mon manuscrit du fond du tiroir, ou plutôt des entrailles de mon disque dur.

C’est chose faite !

Vous pouvez désormais acheter le conte ici, en formats papier et numérique et aussi chez votre libraire préféré.

La couverture du livre, dessinée par Kavita Singh Kale

Si vous avez un peu suivi ce blog, vous retrouverez dans le texte les quatre communautés qui m’ont magnifiquement accueillie à l’automne 2014. Les Raïka, dont le mode de vie est si intimement lié à leurs dromadaires et leurs moutons. Les Khasi, société matrilinéaire installée au Meghalaya, le mystérieux « domaine des nuages ». Les Santals, avec leurs maisons aux frises colorées. Les Irulas, chasseurs de serpents et bons connaisseurs des plantes médicinales.

(cliquez sur les photos pour les agrandir)

 

Si vous ne les connaissez pas encore, venez les découvrir à travers les pages des « Quatre trésors de Prakash » ! Vous y croiserez aussi un dromadaire à cinq pattes, un léopard très émotif et un arbre qui chante avec une voix de femme.

Et si vous souhaitez en savoir plus sur la talentueuse Kavita Singh Kale, qui a dessiné la couverture du livre, c’est ici que cela se passe.

Pourquoi un livre pour enfants ?

Ces derniers temps, à force de m’occuper de la logistique de mon voyage en Inde (billets d’avion et de train, rendez-vous à fixer avec des gens que je veux rencontrer sur le terrain, formalités administratives…), j’ai un peu tendance à perdre de vue sa finalité : écrire un livre pour enfants !

Je vais en effet passer du temps avec quatre groupes de populations indiens installés dans quatre régions du pays pour essayer de récolter à chaque fois des éléments de leurs contes et légendes, que j’utiliserai ensuite comme base pour inventer une histoire originale. Son héros, vous  l’aurez peut-être compris, sera le petit Prakash, qui donne son nom à ce blog. Un petit garçon d’Inde du Sud un peu rêveur, qui vivra des aventures aux quatre coins de son pays grâce à l’aide du dieu Ganesh.

Petite fille d'Inde du Sud

Petite fille d’Inde du Sud

  • Alors, pourquoi vouloir écrire pour les enfants ?

Pourquoi vouloir écrire un livre pour enfants sur l’Inde alors que je pourrais écrire un carnet de voyage ou un reportage de nature journalistique (c’est mon métier !), ou retranscrire mon voyage sous forme de blog (ah mais, tiens, ça je vais aussi le faire !) ?

D’abord, cela va sans dire, j’aime beaucoup la littérature, et notamment la littérature jeunesse. C’est en bonne partie à Stevenson et à Kessel, lus très jeune, et à Conrad, découvert plus tard, que je dois mon envie de voyager. Mes premiers voyages ont eu lieu à travers les pages de livres. J’ai depuis longtemps envie d’essayer d’écrire une fiction sur l’Inde, un pays qui me passionne, mais jusqu’à présent je n’avais pas franchi le pas, intimidée par la difficulté de l’entreprise.

Ce pas, je l’ai franchi grâce au festival du Grand Bivouac, qui a lancé un appel à projets pour la création de sa « Villa » de grands voyageurs. Il fallait soumettre un projet de voyage durant entre 6 semaines et 6 mois et un projet de récit de ce voyage. Je suis dit que c’était l’occasion, en me trouvant « coincée », obligée d’aller au bout par le fait d’être sélectionnée dans la « Villa », de concrétiser cette envie d’écrire une histoire se déroulant en Inde.

J’ai choisi d’écrire cette histoire pour un public d’enfants et non d’adultes parce que je suis sensible au potentiel d’enthousiasme et de curiosité des enfants et que j’ai envie de leur faire partager ma passion de l’Inde. Je trouve que ce pays, avec la variété de ses paysages, allant des sommets vertigineux de l’Himalaya aux grandes plaines et aux forêts profondes, et ses habitants, parfois pâles comme des Européens, parfois noirs comme des Africains, offre une magnifique matière pour faire rêver un enfant de chez nous.

J’ai choisi volontairement pour mon projet des groupes ethniques dont le mode de vie présente des traits intrigants ou amusants pour des enfants : des éleveurs semi-nomades de dromadaires et de moutons, des « captureurs » de serpents

Pour autant, je ne souhaite pas idéaliser la vie des campagnes indiennes, ni tomber dans le passéisme. Je vais essayer d’évoquer, à la marge de mon histoire, certaines questions comme la dureté de la condition de la femme, la pression parfois brutale de la modernité sur les modes de vie, la corruption… Un des grands défis du projet consistera donc à trouver le bon équilibre entre faire rêver et informer avec exactitude.

 

  • Et comment ça se passe, jusqu’ici ?

J’ai commencé à travailler avec une illustratrice, Kavita Singh Kale. Inutile de vous dire que Kavita est indienne. Pour l’instant, je n’ai écrit que le premier chapitre du livre, la situation initiale du conte. J’écrirai le reste du livre, correspondant aux aventures de Prakash dans les quatre régions, au retour du voyage, au mois de décembre. Je chercherai alors un éditeur, en espérant qu’il apprécie à la fois mon texte et les dessins de Kavita. Je serais ravie que ce projet soit franco-indien, mais comme certains éditeurs jeunesse préfèrent imposer un illustrateur avec lequel ils ont l’habitude de travailler, ce n’est pas certain à 100%.

Et si le "projet Prakash" était avant tout un prétexte pour acheter des livres ?

Et si le « projet Prakash » était avant tout un prétexte pour acheter des livres ?

J’ai aussi recueilli depuis la France le plus d’éléments possibles sur les contes et légendes des populations que je vais rencontrer. A ma grande surprise, on trouve en français un joli recueil de Contes des Santals, compilés au XIXe siècle par un pasteur norvégien installé au Bihar.

Je n’ai donc pas l’ambition de recueillir des histoires inédites, qui n’auraient jamais été mises par écrit ou traduites en français. Je ne suis pas ethnologue et  ne vais pas passer 10 ans mais quelques semaines à peine avec chacune des populations qui m’intéressent. Je vais plutôt promener mes oreilles à travers le pays, capter des bouts de récits, des « situations type », des personnages récurrents, des motifs, des thèmes de prédilection, que je fondrai ensuite dans ma propre histoire. Affaire à suivre !